Only New Orleans

Vendredi 31 mai à 20 h 30
Cinéma l’Eckmühl à Penmarc’h

1h30 / Allemagne
En présence du réalisateur Vassili Silovic et de Denez L’Hostis, président d’honneur de France Nature Environnement.


Bande annonce en version originale


Only New Orleans raconte un miracle : comment la musique et la culture (pour une fois) ont pu sauver la ville après le désastre de l’ouragan Katrina.

Dix ans après Katrina, Vassili Silovic fait le point en images sur la Nouvelle-Orléans d’aujourd’hui, avec les musiciens qui la font vivre : Allen Toussaint, Irma Thomas, James Andrews, Ivan Neville, Davis Rogan, Jon Cleary, Big Freedia nous parlent avec émotion à la fois de la tradition et de ce qui a changé avec Katrina.

Katrina est la plus importante catastrophe naturelle de l’histoire récente
des États-Unis. Elle a coûté la vie à plus de 180 000 personnes et causé des
dégâts évalués à 150 milliards de dollars.

Lors du drame, plus de 80 % du territoire de La Nouvelle-Orléans ont été inondés : les digues censées retenir l’eau présentaient de scandaleuses malfaçons. Pour beaucoup sans fondations, les petites maisons posées sur des madriers ont été balayées comme des fétus de paille. Les témoignages de ceux qui ont survécu, accrochés sur des toits, sont glaçants. Ils ont vu leurs proches se noyer, les cadavres flotter autour d’eux. Deux jours avant la catastrophe, le maire avait exhorté les habitants à fuir. Mais la population pauvre – en majorité noire – ne possédait ni voitures ni possibilités d’hébergement ailleurs, alors que les Blancs plus aisés ont pu se mettre à l’abri. Tant au niveau local que fédéral, les autorités politiques démocrates et républicaines ont largement prouvé leur incurie. Dix ans après, la ville a retrouvé son dynamisme. Mais la structure de la population change et la gentrification guette les quartiers noirs pauvres. Malgré tout, la musique reste dans l’ADN de la Nouvelle-Orléans : au plus fort de l’inondation, d’aucuns se demandaient si tel musicien ou chanteur était sain et sauf !

De très nombreux clubs fêtent à nouveau tous les styles : jazz, R&B, rock ‘n’ roll, soul, funk, reggae et rap. Katrina a inspiré nombre de compositions évoquant aussi bien des drames personnels qu’un esprit de révolte collective face à l’incompétence des décideurs politiques. Les musiciens Allen Toussaint, Irma Thomas, James Andrews, Ivan Neville, Davis Rogan, Jon Cleary, Big Freedia parlent avec émotion à la fois de la tradition et de ce qui a changé avec Katrina. Quant à l’étoile montante de la scène Travis “Trumpet Black” Hill (mort à 28 ans en tournée au Japon avant la fin du tournage), il a eu droit au traditionnel cortège de funérailles en musique, avec danses et moulinets de parapluies noirs.

Le réalisateur, Vassili Silovic

Vassili Silovic est né en 1964 dans un pays qui a disparu du jour au lendemain. Depuis, il se présente soit comme ex-Yougoslave – ce qu’il trouve un peu mélancolique – soit comme Croate à la nationalité slovène, avec l’italien comme langue maternelle, ayant grandi en Allemagne et trainant son identité incertaine comme un boulet – ce qui le fatigue.

Après des études en Allemagne puis en France, il fait ses débuts dans la production et la réalisation à Munich avant de s’installer à Paris.
ARTE vient d’être créée et va coproduire grand nombre de ses documentaires parmi lesquels l’un est consacré aux films
inachevés d’Orson Welles : L’homme-orchestre sera présenté au Festival de Venise en 1995. En effet Oja Kodar, « veuve » d’Orson Welles vient de lui confier les oeuvres inachevées du grand cinéaste.
Depuis, il se voit comme un curieux professionnel qui « profite » du genre
documentaire pour découvrir et tenter de mieux comprendre le monde. Il voit ses films comme des variations sur l’art de filmer, de peindre,
d’escroquer, de se marier, de faire des affaires, de mentir, de faire du
foot, d’écrire, de voyager, en bref, de (sur)vivre.
Dans son travail, il cherche le juste équilibre entre une dramaturgie efficace et un grand respect envers la matière apportée par le réel.
En 2017, il a dirigé au sein du  Groupe Ouest -basé en Bretagne- les premiers pas du programme européen LIM | Less is More, une expérience riche et
tellement stimulante qu’il s’est lancé dans l’écriture d’un film de fiction
qui se passe en mer – non pas bretonne, mais méditerranéenne.

Vassili Silovic a réalisé une vingtaine de documentaires, qui
s’intéressent toujours à l’art…
– de filmer (Le ruban blanc, film sur le film de Michael Haneke, 2013),
– d’escroquer (Barry Gray, Profession escroc, 1996),
– de manger (Tour de cochon, 1996),
– de se marier (Marions-nous !, 1999),
– de faire des affaires (En attendant Tapie, 2001, L’affaire du RER D,
2005, Voyages d’affaires en Méditerranée, 2013),
– de mentir (Starck contre Starck, 2007),
– de faire du foot (Allez l’OM, 2004),
– d’écrire (Best-seller à tout prix, 2006),
– de voyager,
– en résumé de (sur)vivre comme on peut.