Si la mer monte 2017

De Venise au littoral breton

La 9e édition du Festival Si la mer monte…, organisé par l’association Effet Mer, a choisi d’inviter la Sérénissime : la ville de Venise. Le but était de faire le point sur la façon dont cette ville emblématique de la montée des eaux, avec sa célèbre l’Aqua Alta, luttait contre ce péril.
Et de voir si son barrage, censé régler tous les problèmes, répondait bien aux promesses de cet investissement pharaonique…

Effet Mer est allé sur place pour se rendre compte de la vie de cette île (en fait elles sont plusieurs…). Elle en a ramené un vénitien amoureux de sa ville tout en gardant un œil critique sur son évolution, francophone ce qui a ravi les participants aux conférences et curieux de découvrir cette Bretagne que de nombreux peintres vénitiens ont célébrée (en particulier Douarnenez quand, lassés de Pont-Aven où ils séjournaient, ils découvraient une autre lumière…).

Historien de l’art et de l’architecture, Gian Domenico Romanelli a été conservateur du musée Correr à Venise, directeur de la politique des musées de la ville de Venise et a publié de nombreux ouvrages sur l’art vénitien. Le musée Correr, musée municipal de Venise, abrite des œuvres d’art, des documents, des objets et des cartes témoignant de l’histoire et de la vie quotidienne de Venise à travers les siècles.  Il était donc tout indiqué que son ancien conservateur, soit invité au festival de l’Île-Tudy pour évoquer toute la problématique liée à la submersion marine régulière  la “Sérénissime”. Il a passionné les festivaliers quand il a raconté que les premiers problèmes de Venise sont advenus quand Napoléon Bonaparte a décidé d’installer des chantiers navals dans la lagune et a fait élargir et creuser les canaux qui relaient la ville à la mer…

Aujourd’hui, le problème vient de l’économie de la ville, tournée exclusivement vers un tourisme qui en chasse ses habitants.

Et le barrage ? Des études longues sur lesquelles de multiples ingénieurs se sont penchés, n’ont pas permis de mettre en évidence que le sable charrié par la mer allait empêcher le barrage mobile de fonctionner. Des milliards d’euros pour l’instant dépensés en pure perte…

Rompant avec la déambulation dans les rues de l’Ile-Tudy vidées de ses voitures, des festivaliers sont venus participer aux débats avec des experts et des élus. Il en est ressorti que le niveau de connaissance sur la problématique de la montée du niveau de la mer et d’implication de tous sur ces sujets avaient bien progressé depuis toutes ces années.

Pour le festival, pour Effet Mer, il est temps de passer à autre chose : Si la mer monte…, posé en hypothèse, pourrait bien devenir Si, la mer monte !

Retrouvez le festival 2017 en images…

Si la mer monte… 2016   Si la mer monte… 2018