Au XXIe siècle, pourrons-nous encore écrire l’hiver, saurons-nous encore le lire, comprendrons-nous ces tableaux et ces livres qui le dépeignent ? vivant dans la conscience d’une disparition possible de l’espèce humaine dans un avenir qui ne se compte plus en millénaires ou siècles mais en décennies, nous devenons, redevenons semblables aux Aztèques qui veillaient la nuit avec angoisse, guettant la réapparition du soleil. La nuit du monde menace, et le passé montre la voie du futur. C’est la peur qui étend son emprise. Nous avons les yeux grands ouverts sur ce qui se passe aujourd’hui, nous savons, et nous anticipons, dans les projections scientifiques comme dans les récits de science-fiction. Nous savons, alors, qu’allons-nous faire ?

 

Texte de Cécile Wajsbrot, page 308 du livre « Du souffle dans les mots » chez Arthaud.